Difficultés rythmiques

Les psaumes présentent de nombreuses irrégularités. Le PKM prévoit des appuis. Il est possible de se contenter d'appliquer les options prises. Il est utile de voir pourquoi et comment les appuis ont été choisies, comment les difficultés qui se présentaient ont été résolues. Cela aide à bien chanter ou à modifier les choix du Psautier de KM qui ne sont pas les seuls ni forcément les meilleurs.

Les psaumes présentent de nombreuses irrégularités. Le PKM prévoit des appuis. Il est possible de se contenter d'appliquer les options prises. Il est utile de voir pourquoi et comment les appuis ont été choisies, comment les difficultés qui se présentaient ont été résolues. Cela aide à bien chanter ou à modifier les choix du Psautier de KM qui ne sont pas les seuls ni forcément les meilleurs.

Entre 2 appuis il y a quelques fois plus de 4 syllabes (alors qu'il n'y a que 4 croches entre 2 appuis).

Cela n'arrive pas dans l'édition du Psautier de Keur Moussa (PKM)... car on a cherché à résoudre les difficultés qui se présentaient.
Il faut noter que tous les psaumes n'ont pas été rythmés
(soit à cause de leur longueur : Ps 77 par exemple,
de leur style : Ps 118,
ou tout simplement à cause d'un trop grand nombre de difficultés).

Prenons un exemple : le psaume 137, 4, 3 :

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ;
de loin, il reconnaît l'orgueilleux.
Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre,
ta main s'abat sur mes ennemis en core.

On peut mettre un appui sur un silence : On a mis en gras les accents des mots français et l'appui supplémentaire par un soulignement.
Au 3e vers, entre l'appui de « angoisses » et celui de « vivre » il y a 5 syllabes. Dans ce cas on ajoute un appui.

137-4-3

En aucun cas on utilisera le triolet, pour garder le caractère paisible de la psalmodie. Jamais on ne chantera :

137-4-3triolet

Cas semblables

Ps 8, 3, 3 et 4 :
qu'est-ce que l'homme _ pour que tu penses à lui,_
le fils d'un homme, _ que tu en prennes souci ?

Ps 121, 3, 6 :
le siège _ de la maison de David.

Cela peut être à la fin d'un vers impaire (quand il n'y a pas de médiante*) :

Ps 23, 3, 3 et 4 :
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !_
Voici Jacob qui recherche ta face !

Ou bien

Ps 25, 1, 1 et 2 :
Seigneur, rends-moi justice :_
j'ai marché sans faillir.

Les exemples sont nombreux.

Mais il y a quelques fois d'autres manières de résoudre le problème

Ainsi dans le psaume 137, 3, 1 :
« Tous les rois de la terre te rendent grâce »

Il y a 5 syllabes entre « terre » et « grâce ». On aurait donc pu faire comme précédemment :
« Tous les rois de la terre _ te rendent grâce »

Possible ! On a préféré une solution plus difficile... dont il ne faut pas abuser :
« Tous les rois de la terre te rendent grâce »

Voici noté, comment l'interpréter :

137-3-1

Les accents naturels (roi et terre) gardent la longueur (une noire) mais ne sont pas à l'appui. Cela implique de chanter la phrase légèrement et ne pas appuyer lourdement sur les appuis : « Tous », « de » et le e muet de « terre ». Cela donne de la variété à la psalmodie, mais il ne faut pas en abuser.

Il faut bien noter que, en français, la finale des mots porte l'accent tonique et appellent normalement l'appui rythmique. On choisi les mots importants. Dans la phrase :
« Je rends grâce de tout coeur »,
seules les syllabes soulignées attirent l'appui rythmique. Rythmer
« Je rends grâce de tout coeur » n'aurait plus aucun sens, en provoquant une séparation matérielle des mots. Il faut rythmer ainsi :
« Je rends grâce de tout coeur »
Si nous avions : « Je rends grâce de tout mon coeur », il faudrait modifier les appuis : « Je rends grâce _ de tout mon coeur »
ou bien
« Je rends grâce de tout mon coeur »

Le e muet de « grâce » porte un appui rythmique faible qui doit à peine se faire entendre dans le chant, mais qui relance le rythme. Ce principe permet au chant d'être affranchi du principe erroné qui veut que le premier temps de la mesure est toujours un temps fort. En réalité le premier temps de la mesure est indépendant de l'idée d'intensité, d'appui ou de force. L'intensité varie avec le sens de la phrase et le dessin mélodique. Toute la beauté du chant rythmé dépend de l'application pratique de ce principe : phraser, ne pas marteler !

Autres exemples :
Ps 20, 2, 1
Tu lui destines bénédictions et bienfaits,

20-2

La strophe se chante au levé puisque la première syllabe ne commence pas sur l'appui rythmique. L'appui sur « lui » et sur « -nes » implique que l'accent du mot destines « ti » ait la longueur et dure deux temps.

Dans le psaume 137, 2, 1 :
« Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta véri, »

Comme il y a 5 syllabes entre mour et ta véri,
on met un appui sur « et » :
« Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta véri, »

Tout à fait possible. La solution proposée dans le PKM déplace aussi l'appui de « amour » vers « ton ». Cela met une petite distinction après « nom » et relie les deux mots « amour » et « vérité » commandés par la préposition « pour ».
« Je rends grâce à ton nom pour ton a-mour et ta véri, ».

137-3-1

Psaume 137, 4, 4 :
ta main s'abat sur mes ennemis en core.
Entre « -bat » et « -mis » de ennemis, il y a 5 syllabes. Le plus simple ici consiste à déplacer l'accent de « -bat » vers « sur ».
Cela donne :

137-4-4

Dans ce cas il est préférable de mettre la longueur sur « -bat » et non sur « main ».

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