La lettre aux Amis n°71

Sommaire

Séguéya : Pourquoi une fondation ?

2e partie : Les 2 premières années de la fondation
Suite de l'article de la Lettre 2006-2 n° 69

Les débuts héroïques

Arrivée à Séguéya

Le mardi 30 décembre 2003, le premier groupe des fondateurs prit l'avion pour la Guinée. Il s'agissait du frère Stanislas (Supérieur) et du frère Maixent (cellérier). Le f. Simon-Marie les accompagnait, comme maître d'œuvre, pour organiser les différents travaux de construction ou de restauration. La veille, en fin d'après midi, une messe d'envoi avait rassemblé les moines, les Sœurs Servantes des Pauvres, les chrétiens du voisinage et de nombreux amis, venus tout exprès de Dakar. Le frère Dieudonné, retenu par un voyage en Casamance, rejoindrait le petit groupe quelques semaines plus tard.

Ils arrivèrent à Friguiagbé le soir, peu avant minuit. Dès le lendemain, mercredi 31 décembre, ils se rendirent sur le terrain mis à leur disposition par le Diocèse, une ancienne plantation coloniale dite 'Gabonia'. La variété du site et la richesse de la végétation ne laissèrent personne indifférent. La beauté des lieux leur inspira de chanter les 'Psaumes des montées' sur une hauteur qui parût idéale pour l'emplacement d'un futur monastère. Les frères furent pris totalement en charge par les sœurs moniales de Friguiagbé jusqu'à ce qu'ils puissent emménager dans leurs propres locaux. La reconnaissance des frères ne saurait oublier cette disponibilité qui ne s'est jamais démentie jusqu'à ce jour.

fr. Stan et soeurs de Friguiagbé

Le 30 janvier 2004 (anniversaire de l'érection de Keur Moussa en Abbaye et de la dédicace de son Église abbatiale) les frères célébrèrent la première messe sur les lieux de la fondation. La présence des Sœurs supérieures et déléguées des Monas-tères féminins de l'Afrique de l'Ouest, réunies à Friguiagbé, rehaussa la solennité de l'évènement.

Le 2 février 2004 fut aussi une date marquante, celle du «  baptême du feu ». Un frère raconte : « Vers 11 heures, alors que nous nous affairions à l'ouverture d'un chemin conduisant au bas-fond, nous fûmes surpris par un crépitement d'herbe : un incendie derrière nous, et des flammes qui montaient déjà dans le ciel. Aussitôt nous nous acharnâmes, aidés par 3 ou 4 jeunes, à éteindre le feu avec les moyens dont nous disposions : branchages, pelles, sable. Nous avons lutté jusqu'à épuisement de nos forces et de l'incendie ».

Avril :
Depuis des semaines déjà, il était prévu de prendre possession de Gabonia le jour de la solennité de Saint Joseph, 19 mars. Malheureusement le problème de l'étanchéité de la toiture du bâtiment n'était pas encore résolu. Des pluies torrentielles s'étaient abattues sur la région dès la mi-mars. Il fallut donc reporter cette installation 4 semaines plus tard. Malgré tout, en ce 19 mars, Monseigneur Vincent Coulibaly, archevêque de Conakry, avait procédé à la bénédiction de la chapelle, en présence de notre Père Abbé et de nombreux religieux et religieuses, venus partager la joie des « moines de Saint-Joseph de Séguéya ». Désormais tous les offices seraient célébrés dans cette petite chapelle.

Au mois de juillet le Frère Stanislas se rendit à Keur Moussa pour la profession solennelle du Frère Epiphane qu'il ramènera avec lui à Saint-Joseph, pour renforcer l'équipe fondatrice.

Mercredi 06 avril 2005.
Début de l'installation des panneaux solaires sous la direction des Coréens du nord, pour notre autosuffisance en énergie.

Mgr. Vincent à Séguéya

Vendredi 06 mai
Le frère Maixent est conduit en urgence à Conakry pour une consultation. Il accusait une grosse fatigue, perdait du poids, et souffrait des maux de ventre. Après consultation par une doctoresse allemande, mariée à un guinéen et les premières analyses, il s'avère que le frère a la fièvre typhoïde. Il sera donc obligé de rester à Conakry, à la résidence de Mgr Coulibaly, pour suivre tranquillement son traitement et se reposer.

Dimanche 08 mai,
Grave accident de voiture du f. Epiphane; un arbre a été fauché net et la voiture semble irrécupérable. Grâce à la protection des saints Anges et de saint Joseph, le frère a eu la vie sauve. L'airbag de son côté a parfaitement fonctionné. Les Moniales se montrent très dévouées et très maternelles à notre égard.

11 octobre, le papa du frère Maixent nous quitte pour son éternité.

Novembre
Le mois de novembre voit le début de la récolte du riz qui doit s'échelonner sur trois mois. Par ailleurs les frères préparent minutieusement le 1° voyage des leurs ananas pour le Sénégal.

Risière

Décembre
Le 06 décembre, le Père Armand et le frère Cyrille Coly nous arrivent. Le Père Armand vient prêcher la retraite annuelle. Quant au frère Cyrille, désigné pour la fondation en Guinée, il rejoint son poste après avoir passé deux ans chez nos frères de Ganagobie, en France.
Le 11 décembre nous commençons la retraite après le repas du soir. Elle est toute centrée sur l'Apocalypse de saint Jean. Le Père nous a aidés admirablement à mieux lire ce beau livre de l'Ecriture sainte qui, il faut le reconnaître, est un peu difficile. La retraite prendra fin le 17 décembre avec le renouvellement des voeux à la chapelle.
Le 16 décembre, le Père Stanislas part à sainte Croix pour la messe comme tous les vendredis. Il revient avec un message - radio provenant de Koundara, à la frontière du Sénégal, disant que le frère Simon et Théodore son compagnon sont restés bloqués avec leur camion de ciment, et qu'ils attendent les documents de l'administration guinéenne pour faire rentrer le ciment en Guinée.
Sur intervention de Mgr Coulibaly, le commandant de la douane demande de libérer immédiatement le camion bloqué à la frontière et même de l'accompagner jusqu'à destination : « C'est un ordre de la direction des douanes » !

Visite
A 20h le même jour, le Père Stanislas prend la direction de l'aéroport pour accueillir le Père Jean Marie Gueulette, dominicain, ancien coopérant de Keur Moussa, qui nous arrive un peu fatigué. Deux événements assez douloureux l'ont secoué : la mort de son père et celle d'un ami très cher. Ses supérieurs ont jugé bon de l'éloigner un peu, pour changer d'air et surtout prendre du repos. Il n'a pas hésité à venir ici puisqu'il est 'le cinquième frère de Séguéya', comme il aime à le dire. Il est venu avec plein d'idées pratiques qui nous ont beaucoup aidés et qui nous aident encore.

Père Jean Marie. op

Dès le lendemain de son arrivée, après une courte visite des lieux, il s'est mis à ranger et à classifier les livres de la bibliothèque.

Le 23 décembre, le frère Simon et Théodore Malack arrivent enfin avec leur camion de ciment tant attendu au bout de dix jours de route. Fatigués par les multiples péripéties de la route: panne, nuits blanches ou passées à la belle étoile, les barrages de douaniers et de policiers, la faim et la soif, le frère Simon et son compagnons ont poussé un grand ouf! en arrivant à Séguéya, où les frères guettaient tous les jours leur arrivée. Cette expérience restera longtemps gravée dans la mémoire ne notre frère peu habitué aux longues distances.

Le 24 décembre, à 21h, le tracteur, que nous avons acheté aux Coréens, fait son entrée à Séguéya. A 22 h. les vigiles de Noël commencent, tandis que le Père Armand va chez les moniales de Sainte Croix, pour la Nuit de Noël.

Le camion de Séguéya

Le 25 décembre
La célébration de la fête de Noël a été une grâce particulière à Saint Joseph de Séguéya. Quatre prêtres, un diacre, trois frères et huit fidèles. Pour un tout premier Noël à Séguéya, on ne pouvait guère faire mieux. Très belle journée avec des cérémonies rehaussées par la présence de nos hôtes de marque. La maman du Père Jean Marie ne nous a pas oubliés, en nous offrant de bons chocolats, de sa fabrication.

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