La lettre aux Amis n°69
Les ouvriers de Keur Guilaye
Nous voudrions par cet article répondre brièvement à une question un peu inquiète que nous posent souvent amis et visiteurs après que nous leur ayons énuméré les divers travaux de la communauté : « Vous faites tout cela vous-mêmes, ou bien vous êtes aidées ? »
C'est pourquoi, après avoir présenté à nos Amis l'ensemble de notre communauté en octobre 04 (Lettre n°65) et le noviciat au début de cette année 2006 (Lettre n° 68), nous voulons vous présenter aujourd'hui ceux et celles de nos proches voisins qui collaborent quotidiennement avec nous et sans l'aide desquels nous ne pourrions mener à bien nos diverses activités, tant agricoles (verger, potager et cultures, entretien de la propriété) qu'artisanales (fabrication des hosties, confiserie, entretien des bâtiments). En effet, d'une part nous n'avons pas les forces physiques et le nombre suffisant de moniales pour les assurer entièrement par nous-mêmes, d'autre part, l'horaire monastique, partagé entre prière et travail - Ora et Labora - mais donnant la priorité à la prière, ne permet pas la continuité du temps de travail nécessaire pour réaliser, par exemple, la cuisson des hosties ou des confitures, d'où la nécessité pour nous d'avoir des employés salariés, aussi bien musulmans que chrétiens.
En suivant l'ordre d'ancienneté, nous trouvons d'abord deux familles, celles d'Eloi et Agnès et de Michel et Hélène.

La famille d'Eloi Kital
Eloi Kital et Michel Faye, encore jeunes célibataires, travaillaient comme ouvriers agricoles au monastère de Keur-Moussa et logeaient au village St Benoît quand nous sommes arrivées au Sénégal en 1967, puis ils se sont mariés. Quand nous avons eu acquis notre terrain à Keur-Guilaye, nous avions besoin d'ouvriers pour l'enclore, le garder et commencer à le mettre en valeur. Les deux jeunes ménages ont accepté de venir s'installer sur le terrain dont ils furent les premiers habitants en 1969. Éloi travaillait au potager, Michel au verger. Retraités depuis une dizaine d'années, Michel à Mbour, après le décès de sa femme qui est enterrée auprès de nous, Éloi et Agnès au village St Benoît où ils ont construit une maison pour accueillir leur nombreuse famille, ce sont leurs logements ainsi libérés que nous avons transformées en hôtellerie de groupes, dénommée Aïn Karim.

Augustin Ngom
Augustin Ngom, un neveu d'Éloi, a pris sa succession pour le potager et nos diverses cultures et s'occupe aussi de la porcherie. Il loge avec sa femme Bernadette et leurs sept enfants, ainsi qu'un autre ménage, dans des logements tout proches, sur notre terrain (notre ancienne hôtellerie de groupes) et leur proximité nous est une précieuse sécurité. Michel a été remplacé comme principal ouvrier du verger par Abdou Ndir, du village voisin de Ndirène, qui déjà le secondait.

Abdou Ndir
En 1973, Edouard Ndong prenait la responsabilité de notre poulailler, qu'il gère toujours avec sollicitude et grande compétence. Il habite à St Benoit où il assure le rôle de chef de village

Edouard Ndong
Ibra Sarr et Abdoulaye Mbaye, de Keur-Séga et Keur-Guilaye, complètent l'équipe des ouvriers agricoles, secondant et remplaçant selon les besoins Augustin, Abdou ou Edouard.
/>Ibra Sarr

Abdoulaye Mbaye
Dame Guèye, du village de Keur-Moussa, a travaillé comme maçon sur le chantier du monastère avant de devenir notre indispensable « ouvrier d'entretien » en 1973. Formé tout jeune encore dans l'atelier de Keur-Moussa par le Frère Joseph Krieg, il sait tout faire : maçonnerie, menuiserie, mécanique, soudure, plomberie, électricité... Retraité lui aussi, il vient quand même souvent - c'est légal au Sénégal - nous rendre service comme chauffeur ou en travaillant à l'atelier où il initie Richard Boucal, son successeur, habile ouvrier lui aussi, qui partage encore sa semaine entre l'atelier de Keur-Moussa et le nôtre.

Dame Guèye
En 1974, notre atelier de confiserie prenant de l'importance, nous avons embauché Thérèse Dione qui y a travaillé pendant près de 30 ans. Elle connaissait tous les secrets de fabrication tant des sirops que des confitures et pâtes de fruits, toujours prête aussi à rendre service en d'autres domaines en cas de besoin, notamment à l'atelier d'hosties. Avant de partir à la retraite elle a formé une de ses nièces, Jacqueline Dione pour la remplacer. Celle-ci, mariée à Richard Boucal, a mis au monde en février deux jumeaux, Épiphane et Espérance : la relève est assurée !

Jacqueline Dione
Marie-Cécile Guèye est venue à son tour travailler au monastère en 1988 : elle partage son temps entre l'atelier des hosties dont elle est un des piliers et l'aide à la cuisine de la communauté.

Marie-Cécile Guèye
Pour finir, nous voulons encore vous présenter deux amis de notre communauté, qui lui apportent une aide précieuse, chacun à sa manière : Félicité Dione, parente de l'une de nous, qui s'est attachée au monastère où elle réside depuis plus de deux ans et se prépare à en devenir oblate : elle rend de grands services à l'hôtellerie et à l'accueil ; peut-être vous répondra-t-elle un jour au téléphone ?

Félicité Dione
Et Yarham Sall vénérable chef de famille du village voisin de Keur-Séga, qui nous considère toutes comme ses enfants. Trop âgé et fatigué pour travailler, il nous tient au courant des petits évènements du voisinage et nous prodigue de judicieux conseils.
Nous espérons que vous serez heureux et rassurés de nous voir ainsi entourées d'amis proches et de collaborateurs dévoués et de savoir qu'en nous aidant, vous aidez aussi, à travers nous, quelques familles à vivre dignement de leur travail, ce dont nous vous remercions une fois encore.

