Abbaye de Keur Moussa

KM 08 : À l'aube du Jour

Contenu du CD   Présentation   Paroles   Tous les CDs

Livret

Jaquette du CD 08

L'entrée dans le troisième millénaire rappelle au monde, qu'il soit chrétien ou non, l'événement de la naissance du Christ, il y a 2000 ans. À l'invitation de Jean-Paul II, le peuple de Dieu inaugure le nouveau siècle par un grand Jubilé : « Le mot évoque la joie, non seulement intérieure, mais la joie qui se manifeste extérieurement, car la venue de Dieu est un événement qui est également extérieur, visible, audible et tangible » (Jean-Paul II).

J'ai vu l'eau vive, jaillissant du cœur du Christ, alleluia ! (1) : c'est l'introduction aux trois parties de À l'aube du jour, témoignage de cette joie qui se lève sur le monde. La première partie (2 à 6), encadrée par deux textes du prophète Isaïe, accompagnés par la kora, invite « le peuple qui marche dans les ténèbres » (3) à recevoir le don de Dieu (4) et sa lumière (5) et à crier « Viens, Seigneur, car notre cœur est sans repos, tant qu'il demeure loin de toi » (6).

La deuxième partie, intitulée « Messe wolof » (le wolof est l'une des principales langues du Sénégal), associe l'Afrique noire à ce message d'espérance. Après le balafon qui invite aux battements des mains (Tacculeen en wolof) (7), la messe s'ouvre par le cantique Fu cofeel (8) « Là où est l'amour fraternel, là est Dieu », suivi du Kyrie et du Gloria en wolof (9 et 10). Le chant de méditation Béti itepp (11) développe ces mots du psaume 144 (145) : « Tous les yeux se tournent vers Toi, Seigneur », suivi de l'acclamation trinitaire Sell nga (Sanctus) (12).

Au cœur de la messe wolof, voici l'offrande musicale de la kora mandingue (13) par le jëëli (joueur de kora classique) El Hadj Digiba Cissoko. Hommage singulièrement émouvant de l'Afrique profonde au Dieu miséricordieux, source de la Paix parmi les peuples ! Les moines de Keur Moussa expriment ici leur reconnaissance au célèbre virtuose qui interprète avec une kora de Keur Moussa dans leur église abbatiale cette belle synthèse de plusieurs airs classiques du répertoire mandingue. Plus modeste dans l'expression, le Mburtum Yalla (14), Agneau de Dieu, implore cette paix que le monde attend de tous ses vœux. Il est suivi du cantique de la Vierge Marie, Suma fit angi maggal Boroom bi (15), « mon âme exalte le Seigneur ! » soutenu par le balafon balante. Et la messe wolof s'achève par le chant du Sunu Baay (16), le « Notre Père », adaptation wolof de la mélodie de N. Kedroff, connue dans l'Église orthodoxe. Réponse que nous voulons faire à la demande du Seigneur : « qu'ils soient un ! »

La troisième partie, le Jour nouveau, s'ouvre par les paroles de saint Paul, soute-nues par les sons clairs et allants de la kora : « Soyez toujours joyeux » (17), de cette joie chrétienne apportée par l'Ange Gabriel à Marie le jour de l'Annonciation (18) il y a 2000 ans ! « Mère de la lumière » (19) chan-te le chœur, « intercède toujours auprès de ton Fils ! » En écho à cette prière, le balafon et la flûte à bec « exultent » avec la « Fille de Sion » (20).

Que triomphe enfin, à l'Aube du Jour nouveau « l'Amour qui ne finira jamais », comme le chante l'Hymne à la charité (21) ! Le texte bien connu de la lettre aux Corinthiens (ch. 13) est relu ici à la lumière de la Règle de saint Benoît par sœur Placide, moniale bénédictine de Dourgne (France). Elle en confia la mise en musique aux moines de Keur Moussa, quelque temps avant sa mort en 1997, alors qu'elle séjournait à l'abbaye de Dzobégan (Togo).

Dans un climat d'intériorité et de paix, cette troisième partie s'achève par une suite pour kora intitulée « Les collines de la lune ».

Cette œuvre qui comporte deux mouvements (22, 23) a été composée par Carole Audet-Ouellet en hommage aux enfants martyrs du Rwanda. Nous remercions l'auteur de l'avoir enregistrée en première audition dans notre église et pour ce CD.

Les trois airs de balafon éclairent de leurs notes joyeuses chacune des trois parties de ce CD. Nous remercions également le frère Jean de la Croix, moine bénédictin du Monastère du Mont-Fébé (Cameroun), pour la composition et l'interprétation de ces pièces jouées ici avec un frère de Keur Moussa.

Sur tes remparts, Jérusalem, j'ai posté des veilleurs. Ni le jour, ni la nuit, jamais ils ne doivent se taire (24) jusqu'à ce que la Bonne nouvelle soit parvenue aux extrémités de la terre !

Abbaye de Keur Moussa
Noël 1999 - Janvier 2000

Tél.: (221) 33 836 33 09 • Fax : (221) 33 836 16 17 • Mentions légales