KM 03 : Lumière Radieuse
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Présentation
Située près du village wolof de Keur Moussa, « maison de Moïse », l'abbaye du Cœur-Immaculé-de-Marie est une fondation de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, commencée en 1962. Les premiers moines français, auxquels se joignirent rapidement de jeunes sénégalais, ont réalisé ensemble une musique liturgique dans l'esprit de Vatican II, dont le présent compact-disc reprend les publications faites dix ans après la fondation (Lumière radieuse, KMB I, et Koras concertantes, KMB 6, face A).
Les chants, en français ou en wolof, s'inspirent des traditions musicales africaines.
La kora que l'on entend seule ou comme instrument d'accompagnement, est une harpe d'origine mandingue ( Sud Sénégal, Guinée Bissau, Mali ). Enthousiasmés par sa beauté, les moines de Keur Moussa s'initièrent d'abord à son jeu auprès des "griots" mandingues et l'adaptèrent progressivement à leur prière chantée. En 1973, ils inventèrent un système d'attache des vingt et une cordes, plus stable que celui des anneaux de cuir de la tradition mandingue. Ils publièrent des méthodes de kora pour l'accompagnement des Psaumes, et des pièces pour kora, dont le Banehu len I de ce disque est un exemple.
Le tabala qui accompagne les pièces 10 et 18 est un grand tambour mauritanien dont la membrane vibrante est en peau de chameau.
Le balafon utilisé ici est d'origine Malinké.
AVENT
1. Ndey dyu sela dyi, « Sainte Mère de Dieu », interlude de kora, cherche à traduire la joie de Marie à l'annonce de l'ange Gabriel.
2. Wis ma ndoh, chant wolof. Ses paroles traduisent l'Asperges me, chant d'aspersion du début de la messe dominicale : « Purifie-moi par l'eau sainte et je serai pur » (cf. Psaume 50, 9). La mélodie, composée par l'abbé Raymond, est une adaptation d'un air chrétien ougandais. Le chant est accompagné du tam-tam wolof, appelé sabar.
3. je regarde au loin. Le texte, emprunté à la liturgie de l'Avent, regroupe des passages d'Isaïe et des psaumes. Il est ici souligné par une mélodie qui s'inspire à la fois du mode de mi grégorien et d'airs Ewendo camerounais. Le Messie, aperçu de loin « comme une nuée » bienfaisante qui grandit au bas d'un ciel sahélien, va venir combler l'attente des peuples.
4. Ndav su gnul, « je suis noire et belle ». C'est le texte bien connu du Cantique des Cantiques (I, 5), mis ici sur les lèvres de Marie qui dialogue avec le roi du ciel : « Viens, ma préférée, ma toute belle, fais-moi entendre ta voix » (2, 13-14). Mélodie de Jean Gerem Ciss, accompagnement de deux tam-tams.
5. « Juda et Jérusalem, ne craignez pas ! Demain vous verrez la gloire du Seigneur ». Nous sommes ici à la veille de Noël. C'est l'exultation de tout le peuple en route vers la crèche, et que traduit la "course" des deux koras d'accompagnement.
NOËL
6. Dyebal na la, « je m'offre à toi », joyeux dialogue de deux koras en offrande au Nouveau-Né.
7. Gem na, « Credo » wolof, accompagné de deux tam-tams, est inspiré de mélodies souvent entendues au cours des nuits de prière, dans les villages musulmans du Sénégal.
8. « Exulte, fille de Sion, voici que ton roi vient à toi » (Sophonie 3, 14). Marie et l'Église sont invitées à chanter et à danser de joie. Accompagnement de deux tam-tams.
9. Nous te louons, Père invisible, contraste avec le chant précédent par le rythme paisible, soutenu par le balafon malinké.
10. Voici l'Agneau de Dieu : c'est le cri de saint Jean-Baptiste désignant celui qui vient ôter les péchés du monde. Le grand tambour mauritanien tabala scande les paroles du précurseur du Messie.
BANEHU LEN I
Suite pour koras,
avec le concours de Carole A. Ouellet.
11. Allegro. En wolof, banehu len veut dire : « Réjouissez-vous ! » Sept koras, dont quatre sopranos, une alto et deux ténors, concertent tout au long de cette suite en trois mouvements. L'allegro est un lever de soleil qui invite la kora alto, en solo, à danser avec ses voisines sopranos et ténors : banehu len !
12. Le rondo fait davantage penser aux heures chaudes de la journée, où jeunes et vieux se rassemblent à l'ombre des arbres à palabre, sans perdre pour autant le rythme, le mouvement, la danse.
13. Le presto laisse déborder la vie, celle qui s'extériorise au long des veillées, à la saison des récoltes, tous travaux terminés, précisément à l'époque de Noël et du nouvel an.
PÂQUES
14. Gis na deh : « J'ai vu sortir l'eau vive du côté droit du Temple » (Ezéchiel 47). Joyeux chant pascal d'aspersion, inspiré d'un air diola (Casamance, Sud Sénégal), avec accompagnement de deux tam-tams.
15. Le Christ est vraiment ressuscité. Au rythme joyeux du balafon, voici le chant de victoire. Ce psaume est tiré de Jonas (2, 3-10), sorti vivant du monstre marin, et figure de celui qui a vaincu la mort.
16. Les psaumes 148-149, Alléluia de toute la création, sont chantés sur une mélodie inspirée d'un air chrétien du Gabon. Accompagnement de trois koras et de deux tam-tams.
17. Yesu dekalikuna, « Jésus est ressuscité », rapide interlude de kora, qui symbolise la course des saintes femmes, au joyeux matin de Pâques.
18. Lumière radieuse. Texte emprunté à la liturgie orientale pour acclamer le Ressuscité. La mélodie, inspirée d'un air mandingue, est accompagnée du tabala mauritanien.
19. Ndey dyu sela dyi, cantique populaire en l'honneur de la Mère de Dieu, composé par Jean Gerem Ciss. La kora contrebasse souligne la sobre grandeur de cette belle mélodie.
20. Salut, puissance, honneur, chant de triomphe de l'Église, « Épouse parée et toute belle » (cf. Apocalypse 21, 2). Accompagnement de trois koras.
21. Tatyu len : « applaudissez ». Air de kora. Les doigts agiles du koraïste (le pouce et l'index seulement de chaque main) imitent les «tatyu» (applaudissements) si populaires en Afrique.
22. Tya mom ndam gu rey : « À lui louange et gloire ». La mélodie de ce cantique des créatures (Daniel 3, 57-88) s'inspire d'un air maure populaire. Accompagnement de koras et percussion de bâtonnets.

