L'école Saint Charles Lwanga
Le Père Abbé de Solesmes avait émis le vœu que la fondation sénégalaise soit une aide pour le développement des villages voisins. Peu de temps après notre arrivée, une petite prospection près des notables du village nous montra que la scolarité était faible (moins de 10 %). Plusieurs causes à cette carence. Il n'y avait pas d'école publique à Keur Moussa. Dans l'esprit des paysans, il fallait surtout que les enfants apprennent du marabout local les rudiments de la religion, quelques sourates par cœur, le plus souvent sans les comprendre, et un peu de calcul. L'école gouvernementale « à la française » était réservée aux plus intelligents. Du fait de l'école coranique qui les retenait plusieurs années, les enfants arrivaient cependant tard au certificat d'études primaires, et le plus souvent trop tard pour passer des bourses en vue d'aller au lycée de Thiès. Mais les familles semblaient plutôt portées à nous faire confiance.

On choisit le lieu d'implantation à l'extrémité du terrain de la Mission Catholique, à environ 400 mètres du monastère. Nous prévoyions l'ouverture d'une classe en 1964, mais les travaux de construction traînèrent et cette classe dut s'ouvrir sous un toit de paille porté par quatre poteaux !

Originaire de l'île de Fadiouth, le jeune maître africain envoyé par la Direction de l'Enseignement Libre, était plein de dynamisme. Mais les élèves étaient rares: 13 seulement ! Notons qu'ils persévérèrent presque tous jusqu'à la fin de leur scolarité. A Pâques 1965, Monsieur le Ministre Émile Badiane, un ami du monastère, put inaugurer « la classe en dur ».
Deux nouvelles classes furent construites en 1969, grâce à l'aide technique du Frère Joseph Krieg, puis une quatrième en 1970 et même un réfectoire, une cuisine et une « salle d'eau » rudimentaire. En 1971 une 'classe rurale' fut inaugurée. On aménagea aussi un terrain de sport (110 m x 45 m), des pistes de course et un sautoir. L'armée française nous fit don d'un portique avec agrès. On planta un petit bois, et des haies colorées de bougainvillées. Cela faisait un ensemble bien équilibré et spacieux. L'école s'animait et les élèves devenaient nombreux. Le Frère Guy Mesnard, pour une raison de diplômes, assura d'abord la direction ; il fut relayé assez vite par un directeur laïc sénégalais. Pour lui et les instituteurs il fallut construire des maisons. Au début, les élèves étaient tous musulmans. Quelques chrétiens vinrent travailler au monastère et le hameau « Saint Benoît » prit forme. Tout naturellement leurs enfants chrétiens vinrent à notre école. Mais les musulmans étaient largement majoritaires (75%).

En 1998 le bâtiment la 'classe rurale' fut réfectionné en classe primaire ; en 2001 un magasin annexe fut également été transformé en classe primaire, par l'APE (Association des Parents d'élèves) et en 2002 une sixième classe a été construite par un groupe de jeunes ingénieurs de Saint Etienne, sous le patronage de l'ASES (Association Service Eglise du Sénégal). Depuis lors le cycle de cours élémentaires est complet, c'est-à-dire CI, CP, CE1, CE2, CM1 et CM2.
Actuellement l'école St Charles Lwanga est totalement gérée par l'ONECS, l'Office national de l'enseignement catholique du Sénégal'. Elle comporte donc six classes et une Garderie d'enfants.
Cette école est la seule école privée catholique, dans un rayon de 25 kms, d'où son recrutement s'étend à des villages éloignés parfois d'une vingtaine de kms.

En 2006 l'effectif est de 244 enfants, à majorité musulmane, soit 122 garçons et 122 filles. De plus la Garderie abrite 63 enfants, avec deux éducateurs et trois sections.
En 2006 aux examens du CFEE (Certificat de fin d'étude élémentaire) il y a eu 28 reçus sur 31 élèves, soit 90.32% de réussite, et 23 sont entrés en Sixième.
